Différents tests sont disponibles pour le diagnostic de
l’infection par le virus de l’hépatite C .
Il existe des tests qui détectent la présence d’anticorps
dirigés contre le virus tels que les immunoassay, ils contiennent des
antigènes du virus de l’hépatite C, du core et des gènes non
structuraux et des immunoblots recombinants. Les mêmes antigènes HCV
sont utilisés dans les deux tests.
Il existe des techniques d’amplification utilisant la
PCR (polymerase chain reaction) ou des techniques d’amplification. Ces
tests ont été développés comme tests qualitatifs de recherche de l’HCV-ARN.
Ils peuvent aussi être utilisés pour déterminer la charge virale,
autrement dit la quantité de virus présent dans le sang d’un individu.
Il est à noter que la biopsie hépatique peut
également être utilisée pour déterminer l’état histologique du foie
dans le cas des infections par le virus de l’hépatite C mais ne peut
pas être utilisée comme diagnostic de l’infection du virus de l’hépatite
C.
Tests sérologiques
Les tests immunoassay sont reproductibles, peu coûteux
et ont été approuvés par les autorités. Ils sont conseillés comme
outil de screening ; en particulier, dans les populations à risque
et, également, chez les patients présentant une maladie hépatique pour
laquelle un diagnostic n’a pas encore été établi.
Les tests de 3ème génération de ce type
sont très sensibles et très spécifiques. La sensibilité est, chez les
patients immunocompétents, supérieure à 99%. On peut donc considérer
chez un sujet immunocompétent qu’un test négatif exclut l’existence
d’une infection par le virus de l’hépatite C. A l’inverse, il faut
envisager le fait que pour les patients dialysés ainsi que pour les
patients immunodéprimés un test sérologique négatif n’exclut pas l’existence
d’une infection virale.
Inversément, un test faussement positif peut être
observé chez des patients présentant des maladies auto-immunitaires.
Dans ce dernier cas, la recherche de l’ARN du virus de l’hépatite C
est alors indispensable pour poser le diagnostic d’infection par ce
virus.
Concernant la recherche de l’ARN, il existe des tests
qualitatifs (réponse : virus présent ou virus absent) et des tests
quantitatifs qui permettent de déterminer la quantité de virus présente
dans le sang. Les tests de détermination qualitative du virus de l’hépatite
C ont, pour la plupart, une limite de détection inférieure de 50 UI/ml
(± 100 copies par ml). Pour la majorité des experts, le recours à un
test qualitatif n’est néanmoins pas absolument nécessaire chez un
patient qui présente tous les stigmates d’une maladie hépatique avec
des facteurs de risque évidents d’infection par le virus de l’hépatite
C et un immunoassay positif.
Différents types d’essais pour détermination de l’HCV-ARN
qualitatif sont disponibles. Ils se distinguent entre eux par une limite
de détection légèrement différente les uns des autres. Leur
spécificité est très élevée puisqu’elle excède 98%. Il est
important de souligner qu’un seul test positif permet de confirmer le
diagnostic de réplication active du virus de l’hépatite C mais un test
négatif n’exclut pas l’existence d’une virémie de façon formelle.
Il est donc conseillé de réaliser un deuxième test chez un patient
présentant des stigmates de maladie hépatique et un immunoassay positif
alors que la détection de l’HCV-ARN est revenue, une première fois,
négative. Il est important de souligner que lorsque le diagnostic de
réplication active du virus de l’hépatite C a été posé, il n’y a
aucun intérêt à répéter ce genre de test qualitatif dans le cadre d’un
suivi « humble », autrement dit en l’absence de traitements
antiviraux. La seule exception étant l’existence d’une hépatite C
aiguë afin de vérifier l’absence de résolution spontanée du
phénomène qui est observé dans 10 à 25% des cas.
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Les tests de détection quantitatifs de l’ARN du virus
de l’hépatite C
Il existe différents tests de détection quantitatifs
de l’ARN du virus de l’hépatite C. Ceux-ci se distinguent entre eux
par l’usage de techniques différentes et par une corrélation relative
entre eux.
L’intérêt de ce type de test repose exclusivement
sur le fait que la détermination de la charge virale constitue un facteur
de pronostic quant à la réponse d’un patient vis-à-vis d’un
traitement antiviral. En effet, il existe maintenant des données qui
montrent que pour l’ensemble des génotypes, la présence d’une charge
virale basse est associée à un taux de réponse supérieure à la
situation caractérisée par la présence d’une charge virale élevée.
Le dosage sérique des transaminases, en particulier
celui de l’alanine aminotransférase (SGPT ou ALT).
Il s’agit du test le moins cher mais sa spécificité
est très faible. Ce type de dosage doit être fait de façon répétée
pour pouvoir fournir une certaine information vis-à-vis de l’existence
d’une maladie hépatique plus ou moins sévère. L’intérêt d’un
dosage répété repose sur le fait que dans la majorité des études, il
existe une association faible entre le degré d’élévation des
transaminases et la sévérité de la maladie hépatique se basant sur les
données histologiques de la biopsie hépatique. Il est donc important de
souligner que l’existence d’un taux sérique normal de l’ALT chez un
patient présentant une infection par le virus de l’hépatite C doit
être suivi de plusieurs dosages avant de pouvoir affirmer l’existence d’une
normalité complète des tests hépatiques et ce de façon prolongée.
Il faut de plus souligner que dans plusieurs études l’existence
de transaminases toujours normales n’excluent pas la possibilité d’une
progression de la maladie hépatique liée au virus de l’hépatite C
vers la cirrhose.
La biopsie hépatique
La biopsie hépatique constitue une source unique d’information
sur le degré de fibrose et l’activité de la maladie hépatique. Il est
important néanmoins de souligner que la réalisation d’une biopsie
hépatique comporte certains risques qui doivent à chaque fois être
discutés. Dans ce contexte, il existe différentes tentatives visant à
remplacer la biopsie hépatique par la mesure de marqueurs sériques qui
permettraient d’obtenir de façon indirecte une idée quant à l’ état
d’avancement de la maladie hépatique (degré de fibrose, activité
inflammatoire).
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Traitement de l’hépatite C
Hépatite C aiguë
Le traitement de l’hépatite C aiguë n’est pas à
ce jour clairement établi mais plusieurs études publiées soit sous
forme de papier soit sous forme d’abstract, ont mis en évidence une
excellente réponse au traitement par interferon pégylé ou non et ce
pendant une durée nettement inférieure à celle recommandée dans le
cadre d’une hépatite C chronique. Il faut néanmoins souligner que le
nombre d’études est limité, que c’est un diagnostic difficile à
poser puisque dans la majorité des cas, l’hépatite C aiguë demeure
asymptomatique et qu’il existe un nombre non négligeable de patients
qui vont guérir de façon spontanée d’une hépatite C aiguë, c’est-à-dire
sans traitement.
Hépatite C chronique
Concernant le traitement de l’hépatite C chronique,
de nombreux progrès ont été accomplis au cours de ces dernières
années.
Il est maintenant clairement établi qu’un traitement
combinant l’interferon pégylé et la ribavirine constitue le traitement
de base des patients présentant une hépatite C chronique n’ayant à ce
jour bénéficié d’aucun traitement (patients naïfs).
La durée d’un traitement combiné va varier en
fonction du génotype infectant le malade. Le traitement aura une durée
de 48 semaines en cas d’infection par génotype 1, 4, 5 ou 6,ou de 24
semaines en cas d’infection par génotype 3.
La guérison sera déclarée lorsqu’on aura obtenu l’éradication
du virus, c’est-à-dire l’obtention d’un test négatif pour la
recherche de l’ARN du virus de l’hépatite C et ce, 6 mois après l’arrêt
d’un traitement.
Traitement des patients naïfs
Trois grandes études ont examiné l’efficacité de l’interferon
pegylé et de la ribavirine dans le traitement de l’hépatite C
chronique. Ces études ont exclu les patients présentant une
décompensation cirrhotique et des conditions de comorbodité
associée. Ces études ont mis en évidence soit un avantage net soit une
efficacité au moins similaire pour la combinaison interferon pégylé
plus ribavirine versus la combinaison interferon standard (non pégylé)
plus ribavirine. L’efficacité d’un traitement combinant interferon
pégylé plus ribavirine varie suivant le génotype, la charge virale, le
degré de fibrose et le poids corporel. C’est parmi les patients
infectés par un génotype 2 ou un génotype 3 qu’on rencontre un taux
de réponse le plus élevé puisqu’il approche et dépasse les 90% de
réponses virales soutenues, c’est-à-dire test PCR négatif 6 mois
après l’arrêt du traitement.
Ces études ont aussi pu montrer qu’il est possible de
prédire une réponse favorable sur base de la diminution de la charge
virale observée entre le résultat obtenu 12 semaines après le début du
traitement et la charge virale déterminée avant le début du traitement.
Une diminution de la charge virale d’au moins deux logarithmes est un
facteur favorable à l’obtention d’une réponse au traitement. En
effet, l’absence de diminution de deux logarithmes est associée à une
absence de réponse au traitement supérieure ou égale à 97%.
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Retraitement de patients déjà préalablement
traités
Les données en notre possession à ce niveau demeurent
encore limitées même s’il semble pouvoir être affirmé qu’un
retraitement par interferon pégylé et ribavirine présente un taux de
succès non négligeable chez des patients qui dans le passé ont été
traités par interferon seul. Par contre, le taux de réponse d’un
traitement associant un interferon pégylé et ribavirine chez un patient
ayant déjà bénéficié d’un traitement complet par interferon
standard et ribavirine donne un taux de réponse plus faible mais qui va
varier aussi en fonction du génotype et du degré de fibrose du
parenchyme hépatique.
Adhésion au traitement
Ce facteur est clairement mis en avant dans plusieurs
études et, également, par de nombreuses associations de patients. En
effet, le traitement est associé à l’apparition de nombreux effets
secondaires difficilement supportés et supportables, motif pour lequel
une fois que la décision d’un traitement soit établie, il faut
absolument qu’un support puisse être apporté au patient et ce, sous
différentes formes ( prise en compte de l’ensemble des effets
secondaires, prise en charge de l’état dépressif associé au virus et
au traitement, prise en charge d’une éventuelle toxicomanie, etc…)
Effets secondaires du traitement
Les effets secondaires les plus importants du traitement
combiné sont des symptômes de type viraux (douleurs musculaires,
céphalées, état fébrile, fatigue), anomalies hématologiques
(thrombopénie, neutropénie, anémie) et/ou troubles neuropsychiatriques.
Les effets secondaires sont responsables d’un nombre non négligeable d’abandon
du traitement. Dans les grandes études, le taux d’abandon se situait
entre 10 et 15 %. Ce taux d’abandon est clairement plus élevé en
dehors du cadre d’une étude clinique où le suivi est souvent moins
systématique.
Tant le problème d’adhésion que les effets
secondaires rendent absolument vital le fait d’apporter au patient toute
l’information nécessaire à la mise en route et à la gestion des
effets secondaires liés à ce traitement, en particulier un soutien
psychologique doit être prévu avec l’adhésion de l’entourage et une
éventuelle collaboration avec un psychologue ou un psychiatre.
Quels patients infectés par le virus de l’hépatite
C doivent être traités ?
Tous les patients avec une hépatite chronique C sont
des candidats potentiels au traitement antiviral.
Le traitement doit être recommandé pour les patients
chez qui il existe un risque d’un développement d’une cirrhose. Ces
patients présentent les caractéristiques suivantes : existence d’un
test PCR positif (détection de l’ARN du virus de l’hépatite C),
existence d’une fibrose au moins débutante à la biopsie hépatique
et/ou,à tout le moins, une inflammation et une nécrose cellulaire au
niveau du parenchyme hépatique. Pour les patients ne présentant pas de
telles caractéristiques au niveau histologique, il est important que les
avantages et les inconvénients du traitement, le taux de succès
potentiel et l’inconvénient lié à l’existence d’une infection par
le virus de l’hépatite C soient, dans chaque situation, discutés.
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Groupe de patients particuliers :
Patients présentant des transaminases
normales
Il existe des discordances quant à l’avis d’experts
dans cette situation : il est accepté que, dans la majorité des
cas, les patients présentant des transaminases normales au long cours
avec une infection chronique par le virus de l’hépatite C ont une
maladie peu évolutive du point de vue histologique. Il existe néanmoins
des exceptions ce qui complique le débat. Dans cette situation, de
nombreux facteurs doivent être pris en considération avant d’envisager
un traitement tel que le génotype du patient, les motivations du patient,
les symptômes présentés, l’existence de maladies associées et l’âge
du patient.
Les études réalisées avec des patients à
transaminases normales tendent à suggérer que ces patients répondent
comme des patients présentant une perturbation des tests hépatiques.
Patients présentant une maladie hépatique
caractérisée par l’absence de fibrose au sein du parenchyme hépatique
Dans cette situation, la progression de la cirrhose est
faible. Il existe donc dans cette situation une place soit pour un suivi
régulier, soit pour un traitement. Chaque situation doit faire l’objet
d’une discussion prenant en compte l’âge du patient, le génotype,
les symptômes, etc…
Présence d’une maladie hépatique avancée
Dans cette situation, le taux de réponse au traitement
antiviral est plus faible que chez les patients ne présentant pas une
maladie hépatique avancée. Des études sont en cours pour savoir si l’administration
prolongée (supérieure à 2 ans) d’interferon pégylé est susceptible
de ralentir l’évolution vers la décompensation hépatique et/ou vers l’apparition
d’un hépatocarcinome. L’existence d’une cirrhose au stade de la
décompenséation doit faire envisager la réalisation d’une
transplantation hépatique.